Des Enfants Enregistres a l’Etat-civil de Cote d’Ivoire Grace aux Pratiques du Leadership

  • Published Date: January 2017
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« En 2010, j’ai été choqué de ce qu’un enfant risquait son avenir, faute d’extrait de naissance pour constituer son dossier d’examen d’entrée en sixième. » s’indigne le Médecin-Chef du centre de santé de Kaniasso, une ville située au nord de la Cote d’Ivoire. Sur le moment, Docteur FougnigueTUHO a pensé à un cas isolé, jusqu’à ce qu’il réalise qu’il était face à un réel défi ! »

En effet, en Côte d’Ivoire , selon le Ministère du plan et du développement en collaboration avec l’UNICEF, plus de 2,8 million d’enfant de 0 à 17 ans ne sont pas déclarés a l’Etat Civil. Dans ce nombre il faut noter que ceux de la tranche des moins de 5 ans sont au nombre de 1,3 millions tandis que ceux en âge d’être scolarisé (5 à 17 ans) sont au nombre de 1,5 million (janv. 2016). Ce nombre est impressionnant et concerne en majorité les enfants nés dans les zones rurales : que ce soit dans un centre de santé ou à domicile.

Malgré toutes ses réflexions, le Dr TUHO n’a pas trouvé de solutions pour que les enfants nés dans son centre de santé soient déclarés à l’état civil. Cependant, en décembre 2015, lorsque le projet LMG/décentralisation, financé par l’USAID a lancé le programme de Leadership, Gestion et Gouvernance (LDP+) a l’intention des agents de la santé et autres secteurs d’activités pour la lutte contre les épidémies, il y a eu un déclic.

Le Dr TUHO fait partie d’une des quatre Equipes Chargées de l’Amélioration de la région du Kabadougou Bafing-Folon et a suivi le processus du LDP+ depuis le début. D’ailleurs comme il le dit : « lorsqu’au cours d’un exercice pratique du LDP+, on nous a demandé de rêver et d’établir une vision commune, j’ai rêvé que chaque enfant qui nait a un extrait de naissance». Des lors, de retour dans son centre de santé, il mobilise ses collaborateurs, il sensibilise la communauté sur l’importance de la déclaration des naissances a l’état-civil et il obtient même le soutien des autorités administratives (sous-préfet et maire) dans l’atteinte de sa vision.

Ainsi, désormais toutes les femmes qui viennent au centre de santé pour leurs visites prénatales déposent une copie de leur extrait de naissance ou carte nationale d’identité et celui de leur conjoint, avec une somme de 1000 FCFA. A cet effet, un registre est ouvert au centre de santé pour les enregistrer, de sorte que dès qu’elles accouchent, les agents de santé vont déposer le dossier de déclaration de naissance à la mairie et au bout de soixante-douze (72) heures, la mère peut sortir de l’hôpital avec l’extrait de naissance de son bébé.

Cela fait presque trois mois que le Dr TUHO et ses collaborateurs ont initié leur projet grâce aux pratiques du LDP+ et ils sont satisfaits des résultats. Car à ce jour plus de vingt (20) enfants nés dans leur centre de santé ont tous été enregistrés à l’état-civil et ont un extrait de naissance.

Cette équipe de santé peut être d’autant plus fière, qu’en essayant de relever un indicateur de santé, les CPN4+ qui sont passé de 0% en novembre 2015 à 40% en février 2016 ; elle a réussi à relever un grand défi qui relève de l’administration ivoirienne : celui des déclarations des naissances. Un très bel exemple à suivre…